| Pripiat
Pripyat Ukraine
catastrophe
nucléaire Припять vous
découvrez ma progression minute par minute dans la ville de Pripyat, pour
le jubilé de " 20 ans sans vie" une première en Europe (
texte en bas de page)
agence jjkphoto.ch englisch россия vente des photos GALERIE JJK JJKMEDIA TEL ( +41) 079 21 353 81 News letter : jkissling@jjkphoto.ch |
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ÉPISODE 19 de " J'AI MARCHE à ......" ( performance photographique citadine) le vendredi 11 août 2006 de12h32 à 13h10, j'ai marché dans Pripiat ville témoin de l'ère nucléaire. 20 ans après l'accident du réacteur 4 de la centrale atomique de Tchernobyl450m à pied pas plus de 20mn, la ville est encore très radioactive, il pleut j'ai de la chance il y a peu de poussières. Ces marches sont le souvenir d'une ville un certain jour, un jour certain, cette devise aujourd'hui avait un goût amer.
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8762 mon trajet dans Pripyat |
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Archives / stok d'images: Pripyat la ville zone contaminée Tchernobyl la centrale |
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8598 / 12h32mn29sec / la gare routière de Pripiat
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8992 / 12h33mn42sec / vue sur la bête depuis la place de la Gare
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8599 / 12h36mn42sec / avenue lenine
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15945 / 12h36mn58sec / souvient toi
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8601 / 12h38mn10sec / cabine téléphonique jaune, angle av lenine et la rue kourchatova
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8602 / 12h39mn24sec / place centrale pripiat
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15931 / 12h39mn24sec / la ville verte pour le vingtième
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8603 / 12h40mn10sec / 20 ans d'age
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8604 / 12h40mn56sec / hotel polissa
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8605 / 12h41mn35sec / une chaise vide
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8606 / 12h42mn20sec / les témoins de mon passage
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8609 / 12h43mn38sec / la chaise de l'autre coté et vue sur down town
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8610 / 12h45mn10sec / la belle fontaine du centre ville
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15932 / 12h45mn30sec / le centre culturel energetik
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8613 / 12h47mn00sec / les façades me ragardent comme si j'étais le fautif
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8616 / 12h49mn30sec / préparatif des fêtes du 1er mai 1986
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8617 / 12h49mn46sec / matériel pour le défilé du 1er mai1986
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8618 / 12h50mn48sec / trop tard, le rat est mort avec ses secrets, place de la culture
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8619 / 12h51mn25sec / la grande roue de pripyat et place de la culture, l'endroit le plus radioactif de la ville, c'est sous la place que sont récoltées les eaux de pluies.
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8620 / 12h51mn45sec / le kiosque à glace sans glace
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8621 / 12h52mn30sec / retour vers la grande place
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15944 / 12h55mn19sec / porte d'entrée du magasin d'état univermag
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8682 / 12h55mn51sec / les escaliers en marbre
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8683 / 12h56mn40sec / façade de l'univermag
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15953 / 12h59mn40sec / photo du premier touriste
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15954 13h00mn15sec / retour av Lenine
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15952 / 13h01mn29sec / rue Kourchatova
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8690 / 13h10mn13sec / Pripiat aura vécu 16 ans ( 1970-1986)
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J’ai
marché à Pripiat le 11 août 2006. Depuis
3 ans, je réalise des performances photographiques : je marche 4,5km dans
des villes d’Europe et je fixe sur la mémoire sensible de mon appareil
photo les atmosphères citadines que je croise ce jour-là. Ensuite
j’expose mon chemin sur Internet ou sur des murs, dans l’ordre
chronologique de ma découverte, les images se suivent minute par minute,
comme un roman photo. C’est le souvenir d’une ville, un certain jour.
Un soir de festival à Cannes, un matin d’hiver à Zermatt, le 8 mars à
Rome, un dimanche à Vilnius, j’ai déjà visité 30 villes d’Europe. http://www.jjkphoto.ch/page45.htm
De
ce fait, j’ai traîné mes semelles sur de prestigieux bitumes européens,
où les transports publics, les gens, la publicité, les architectures
tissent une toile de fond
appelée vie urbaine, le point commun de toutes ces belles cités
que j’ai traversées. Vous
allez me dire qu’après avoir photographié 135 km de centres villes et
de constater que les villes vivent, c’est un peu facile. Pourtant
ce 11 août 2006 à 12h32, je suis seul dans une ville qui ne vit plus.
Elle n’est pas encore classée ville morte, pour l’instant elle est
juste rayée de la carte. Qu’est
que c’est une ville qui ne vit plus : Une
cité oubliée et retrouvée pour la plus grande joie des archéologues et
des touristes ? Non, une ville qui ne vit plus, n’attire personne. Une
ville où les odeurs de la mort et de la guerre planent entre les murs brûlés
et criblés de l’impact des balles ? Il y a bien eu un
affrontement, mais il n’y a pas de trace, l’ennemi était invisible,
sournois et traître. L’adversaire n’épargna personne, les héros
touchés au fond de leurs chaires sont partis mourir ailleurs. Une ville
qui n’a pas su protéger ses fils et ses filles, n’a pas le droit à
son nom dans les livres d’histoire. Donc
le 11 août 2006 à 12h32, après un concours de circonstances
rocambolesque, le chauffeur me dépose à la gare routière de Pripyat, au
cœur de la zone interdite. La radioactivité y est encore importante, il
est déconseillé de rester plus de 20mn. J’ai de la chance : Une
pluie légère colle la poussière au sol, les conditions idéales pour découvrir
Pripyat, qui fête cette année 20 ans de non-vie. Je
suis seul, pas une âme à 10km à la ronde. Face à moi la bête
endormie. Le monstre est endigué dans son cénotaphe monumental ;
le tombeau de béton est sertit de poutrelles rouillées et de
conduites en aluminium ; d’épaisses fumerolles laiteuses courent
le long des flancs du mausolée. Un colossal rostre tubulaire émerge du
sommet, à contre jour dans le ciel gris les passerelles qui
l’entourent, se font dentelles de coton noir. Ces
quelques centaines de m3 de béton qui me cachent la vue, focalisent les
regards du monde entier, alors que la vérité commence derrière moi à
quelques centaines de mètres. C’est la cité Pripyat, ville témoin de
l’industrie nucléaire, victime collatérale de la réaction en chaîne
non contrôlée du 25 avril fatidique. Pripyat
a été construite en 1970 en même temps que la centrale électrique. Les
architectes ont utilisé les meilleurs concepts soviétiques en matières
d’urbanisme, de joie de vivre et de culture. Le
25
avril, le vent souffle dans le mauvais sens, la ville reçoit,
poussières de graphite, pluies d’isotope accompagnées des rayonnements
bêtas, gamma. Une aubaine pour les observateurs internationaux des
catastrophes non naturelles. Un drame humain d’une ampleur impensable,
sur lequel je ne reviendrais pas, mais que je vous invite à ne pas
oublier. Revenons
à Pripiat évacuée le 27 avril 1986, les gens sont partis, depuis RIEN. RIEN,
si ce n’est les saisons qui poursuivent le temps, la végétation enfin
libre de sa fonction décorative envahit lentement, mais sûrement,
l’espace réservé autrefois aux humains. 1996,
pour les 10 ans d’une ville sans vie, on a reconstruit Pripyat sur
Internet. Une renaissance virtuelle de la cité, avec ses magasins en
ligne, son blog littéraire et sa place de rencontre. D’ailleurs
au centre la vraie ville sans vie, se trouve un panneau bleu et blanc qui
annonce «
on se rencontre maintenant sur www.pripyat.com
»,
je ne sais pas pour qui il est là, puisque la zone est fermée, mais
c’est le seul indice dans toute la cité qui prouve que la vie a continué
pour les pripiatiens après l’accident, mais sur internet seulement. D’ailleurs,
la célébrité de « Pripyat la virtuelle » a dépassé
nettement « Pripyat désertée ». De nombreux jeux vidéo ont
adopté le nom Pripyat pour désigner une ville radioactive remplit de
mutants à abattre ; certains originaux vouent même un culte à la
capitale provinciale ukrainienne. 2006,
c’est le jubilé des 20 ans de «
une ville sans vie » malgré ce titre unique, personnes n’est
venu pour fêter l’événement. Ma
surprise fut d’autant plus grande, quand je découvre en primeur, le
travail de sept artistes russes et allemands. Ils
sont entrés illégalement et ont peint une vingtaine d’œuvres
murales au centre même de la ville. Je
contourne le centre culturel " Energetik", la porte est ouverte, je rentre. A l’intérieur,
éparpillés dans les couloirs, les panneaux de la manifestation du 1er
mai 1986. Ils sont poussiéreux, mais prêts à être utilisés. Déjà
12 minutes, je continue en direction du parc de la Culture, sa grande roue
et son kiosque à glace. J’ai faillit croiser un peu de vie, mais c’était
déjà trop tard. Le corps d’un rat fraîchement mort, gît sur la place
de la Culture. Je
retourne vers le centre, en pressant le pas. Les façades morbides me
regardent, comme si j’étais le fautif de ce cauchemar. Je leur promets
à l’avenir de consommer que de l’énergie verte. ( à Genève c’est
possible) ; leurs regards s’adoucit. 13h02- :
le chauffeur m’attend à l’angle de rue Kourchatova et de l’avenue Lénine,
face à la cabine téléphonique jaune. Sur
le chemin du retour à quelques km, des ouvriers réparent la route,
d’autres dégagent les panneaux «
Attention radioactivité » et repeignent quelques reliques soviétiques.
Derrière ces banalités, s’annonce la venue du tourisme, hé oui pour
quelques $ vous pourrez prochainement visiter la seule ville sans vie d’Europe,
son exposition d’art urbain, vous verrez aussi le sarcophage de la bête
endormie. Vous signerez une décharge, comme quoi vous avez connaissance
des risques encourus. Vous aurez inclus dans le prix, un dosimètre pour
prouver votre contamination, une gourmandise iodée et
un autocollant «
Je suis allé à Tchernobyl » Texte et images : agence www.jjkphoto.ch copyright
jean-jacques Kissling Texte et images : agence www.jjkphoto.ch Reportage et exposition disponibles jkissling@jjkphoto.ch |
Autre marches en villes UKRAINE INDEX ENERGIE INDEX TCHERNOBYL
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